Chaque saison des pluies, Mayotte et La Réunion le savent: il suffit de quelques heures de précipitations soutenues ou du passage d’une houle cyclonique pour que le quotidien bascule, une route se transforme en torrent ou la mer grignote le front de mer. En 2026, l’État remet au premier plan sa campagne de sensibilisation aux pluies intenses et aux inondations en Outre-mer, précisément au moment où les risques montent. À Mayotte, les premiers messages seront diffusés dès le 12 janvier; à La Réunion, ils prendront le relais à partir du 19 janvier. L’objectif est clair: parler de submersion marine, de débordements de cours d’eau, de ruissellement urbain, de vents violents et, à Mayotte, des mouvements de terrain qui accompagnent souvent la saison des pluies de novembre à avril. À La Réunion, la saison cyclonique, de mi-novembre à fin avril, peut aussi provoquer des inondations jusque sur le littoral. Informer vite, expliquer simplement et rappeler des réflexes concrets, c’est le fil conducteur de cette campagne.
Comprendre la période de risques: de novembre à avril, la vigilance doit rester éveillée
Si l’on parle de cette campagne maintenant, c’est parce que la fenêtre de risques est ouverte. À Mayotte, la saison des pluies s’étend de novembre à avril, avec des épisodes qui saturent rapidement les sols et accélèrent les ruissellements en ville comme en bas de versants. À La Réunion, la saison cyclonique court de mi-novembre à fin avril et conjugue pluies intenses, vents forts et houles parfois longues. Dans ces périodes, un épisode peut survenir sans préavis spectaculaire: une ligne orageuse qui stationne, un relief qui force les nuages à lâcher des trombes, une houle cyclonique qui arrive avant la pluie et soulève la mer sur les zones basses du littoral. Même lorsque le ciel s’éclaircit, l’eau continue de descendre par les ravines et les pentes, et les rivières réagissent en quelques minutes. Ce n’est pas une affaire d’alarmisme, c’est une réalité saisonnière à transformer en habitudes: suivre les informations, reconnaître les signes qui doivent alerter et savoir comment se protéger.
Mayotte: pluies soutenues, ruissellements rapides et terrains en mouvement
À Mayotte, novembre à avril rime avec averses fréquentes, épisodes intenses et sols fragilisés. Les eaux de pluie dévalent vite, gonflent les ravines, débordent des caniveaux et créent des torrents éphémères sur des routes familières. Dans ce contexte, les pentes et les talus peuvent bouger: des coulées boueuses, des glissements ou des chutes de terrain surviennent, parfois sans prévenir longtemps à l’avance. Des signes existent pourtant, comme des fissures nouvelles, des écoulements d’eau boueuse inhabituellement chargés ou des petits affaissements autour d’un mur. La campagne qui démarre localement dès le 12 janvier rappellera les gestes qui comptent au quotidien: garder un œil sur les abords de son logement quand la pluie s’installe, éviter de s’attarder près des ravines et des pentes instables, ne pas chercher à traverser à pied ou en voiture une zone déjà inondée, mémoriser des itinéraires sûrs vers des points plus hauts. Avant les gros épisodes, dégager les évacuations d’eau et ranger les objets qui peuvent être emportés par un fort ruissellement limite aussi les dégâts.
Les bons réflexes à ancrer: s’informer, anticiper, se protéger
Qu’il s’agisse d’une averse stationnaire ou d’un épisode lié à un système cyclonique, les mêmes réflexes sauvent du temps et des ennuis. Avant la pluie, jeter un œil aux prévisions et aux messages officiels évite les mauvaises surprises. À la maison, dégager gouttières et caniveaux, surélever ce qui craint l’eau au rez-de-chaussée, ranger les papiers importants dans des pochettes étanches et prévoir de quoi tenir quelques heures sans sortir – lampe, batterie de téléphone, eau, traitements habituels – fait toute la différence. Pendant l’épisode, rester à l’abri, éviter les déplacements et bannir toute traversée de zone inondée à pied ou en voiture réduit les risques immédiats. Si l’eau entre, se mettre en hauteur dans la mesure du possible et éviter tout contact avec des prises ou appareils électriques humides. Après la décrue, revenir prudemment, vérifier la stabilité des abords et s’informer avant de reprendre la route. Parler de ces gestes en famille, avec les voisins, aide chacun à réagir vite quand tout s’accélère.
La période qui s’ouvre est celle où l’océan et le ciel dictent parfois leur tempo, mais nous gardons la main sur nos habitudes. Les dates de lancement de la campagne – le 12 janvier à Mayotte, le 19 janvier à La Réunion – sont un signal collectif pour remettre ces réflexes en tête et les partager largement. Chacun peut prendre un moment pour regarder autour de chez soi, identifier les points qui prennent l’eau, décider d’un lieu de repli familier et noter comment rester informé si l’électricité ou le réseau chutent un moment. Les pluies intenses et la mer agitée feront encore parler d’elles entre novembre et avril; transformées en gestes simples, ces connaissances deviennent un filet de sécurité. L’important, ces prochains mois, est de ne pas attendre la première alerte pour s’organiser. Plus ces actions deviennent automatiques, plus il est facile de traverser l’épisode suivant et d’aider ceux qui en ont besoin.










