Caribe Wave 2025 va tester les dispositifs d’alerte de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. L’objectif n’est pas d’inquiéter, mais de s’assurer que, le jour où chaque minute compte, les messages partent bien, les sirènes se font entendre et les habitants savent quoi faire. En matinée, FR-Alert sera activé sur les smartphones présents sur les îles, tandis que des sirènes et des haut-parleurs diffuseront des messages de test. Parallèlement, des cartes de simulation de tsunami, établies sur un scénario avec une vague maximale de 3 mètres, sont disponibles en ligne pour se repérer, identifier les zones à risque et les itinéraires d’évacuation. Un collège de Saint-Martin réalisera un exercice grandeur nature ; quant à Saint-Barth, le STIS mènera des sessions opérationnelles avant une réunion publique le 21 mars à 19 h à la salle de la Capitainerie. Après l’exercice, un sondage permettra à chacun de donner son avis. Voici à quoi s’attendre et comment en tirer le meilleur pour sa sécurité.

À quoi s’attendre le jour de l’exercice

Le matin du test, vous pourrez recevoir sur votre téléphone un message FR-Alert. Il s’affichera en grand à l’écran et s’accompagnera d’une alerte sonore pour indiquer qu’il s’agit d’un exercice tsunami. Ce message n’annonce pas un danger réel : il sert à éprouver la diffusion, à vérifier la compréhension du texte et à repérer d’éventuelles zones où la réception est mauvaise. Dans le même temps, des sirènes retentiront à des points clés et des haut-parleurs diffuseront des annonces, là encore clairement annoncées comme des tests. Il est normal de voir un peu d’animation autour de certains sites, notamment près de l’établissement scolaire de Saint-Martin qui mènera une évacuation pédagogique, encadrée par les équipes. À Saint-Barth, attendez-vous à voir les pompiers et les services techniques mobilisés pour vérifier leurs procédures. Durant l’exercice, adoptez une attitude d’écoute et d’observation. Évitez de relayer des rumeurs sur les réseaux sociaux : fiez-vous aux messages officiels et profitez-en pour vérifier comment, chez vous ou sur votre lieu de travail, l’alerte est perçue et comprise.

Lire et utiliser les cartes de simulation (vague maximale 3 m)

Les cartes de simulation mises à disposition pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy permettent d’anticiper l’impact potentiel d’un tsunami selon un scénario où la hauteur maximale de vague atteindrait 3 mètres. Elles ne prédisent pas l’avenir, mais aident à penser l’espace et les déplacements. On y distingue généralement des zones susceptibles d’être inondées et des zones dites « blanches » qui resteraient hors d’eau dans ce scénario. Commencez par situer votre logement, votre bureau, l’école des enfants ou votre commerce. Repérez ensuite les itinéraires d’évacuation les plus simples vers un point en hauteur ou à l’intérieur des terres. Si vous identifiez un trajet à pied, estimez mentalement le temps nécessaire en conditions normales, puis imaginez-le avec du monde sur la route : cela aide à choisir une alternative plus directe et plus sûre. Les cartes sont accessibles en ligne via les canaux officiels des collectivités et des services de l’État. Pensez à en enregistrer une copie sur votre téléphone ou à l’imprimer pour la garder à portée de main. Le jour de l’exercice, gardez en tête qu’il s’agit d’un scénario parmi d’autres : il sert de base commune pour échanger, améliorer la signalétique et valider des parcours d’évacuation réalistes.

Participer au retour d’expérience : le sondage citoyen

Une fois l’exercice terminé, la parole sera donnée aux habitants, travailleurs et visiteurs. Un sondage en ligne invite chacun à partager son expérience : avez-vous reçu FR-Alert, à quel moment, le message était-il clair, avez-vous entendu les sirènes ou les haut-parleurs, les consignes vous semblaient-elles compréhensibles, les itinéraires étaient-ils bien identifiés ? Le dispositif d’alerte progresse surtout grâce aux retours concrets, y compris ceux des personnes qui n’ont pas reçu de message ou n’ont rien entendu. Signaler une rue où l’alerte ne passe pas, une place trop bruyante pour entendre un haut-parleur, ou un libellé ambigu dans un SMS fournit des informations précieuses pour corriger le tir. Le lien vers le sondage sera diffusé par les canaux institutionnels habituels et relayé localement. Prenez quelques minutes pour répondre : c’est un geste simple qui aide à ajuster la portée des sirènes, la rédaction des messages et la lisibilité des itinéraires d’évacuation. Votre retour comptera autant que les tests techniques.

Focus local : Saint-Martin et Saint-Barthélemy

À Saint-Martin, l’exercice prendra une dimension d'ampleur avec l’évacuation grandeur nature d’un collège. Les élèves et l’équipe éducative testeront un parcours vers une zone refuge, sous la supervision des autorités. Cela permettra de vérifier la fluidité des déplacements, la compréhension des consignes et le rôle de chacun. Aux abords, des circulations inhabituelles sont possibles pendant la matinée, sans impact sur la vie quotidienne en dehors du périmètre scolaire. À Saint-Barthélemy, le Service territorial d’incendie et de secours (STIS) organisera des sessions opérationnelles pour éprouver ses procédures, ses communications et sa coordination avec les autres acteurs. La réunion publique du 21 mars à 19 h à la salle de la Capitainerie sera l’occasion d’échanger, de poser des questions pratiques sur les itinéraires d’évacuation, d’obtenir des explications sur la lecture des cartes ou de signaler des situations particulières liées à un commerce, une résidence isolée ou des personnes à mobilité réduite. Ce dialogue direct complète utilement les tests techniques.

Les bons réflexes séisme–tsunami à garder en tête

Aux Antilles, le duo séisme–tsunami fait partie des risques à connaître. Si la terre tremble fortement, protégez-vous immédiatement en vous accroupissant, en vous couvrant la tête et en vous abritant sous un meuble solide si vous êtes à l’intérieur. Une fois les secousses passées, si vous êtes en zone côtière, éloignez-vous du rivage sans attendre d’instruction supplémentaire et dirigez-vous à pied vers un point haut ou à l’intérieur des terres. Sur le littoral, la voiture peut rapidement provoquer des embouteillages ; mieux vaut privilégier la marche et des chemins simples. Si vous êtes déjà en hauteur et en sécurité, restez-y et suivez les informations officielles. N’allez pas vers la mer pour observer le phénomène, même si l’eau semble se retirer : plusieurs vagues peuvent se succéder. Aidez, si vous le pouvez, les personnes vulnérables à se déplacer. Gardez votre téléphone chargé pour recevoir les messages et restez à l’écoute jusqu’au signal de fin d’alerte. Ces réflexes, répétés régulièrement, deviennent naturels et font gagner de précieuses minutes.

Caribe Wave 2025 est une répétition générale pour tous : services de secours, établissements, entreprises et habitants. Prenez quelques instants avant l’exercice pour parcourir les cartes de simulation, parler en famille du point de rassemblement le plus proche et décider d’un itinéraire simple. Le jour J, observez comment l’alerte est perçue chez vous, au bureau ou sur votre trajet, puis partagez votre ressenti via le sondage.

À force de tests et d’échanges, les deux îles renforcent leur préparation face au risque tsunami, sans anxiété ni fatalisme, mais avec une culture de l’anticipation qui protège et rassure.