Les nouvelles cartes des zones inondables et de submersion marine dans le Golfe de Saint‑Tropez donnent une vision précise des secteurs exposés et de leurs habitants. Elles montrent une forte vulnérabilité à Cavalaire‑sur‑Mer, où plus de 6 200 personnes vivent en zone inondable, ainsi qu’au Rayol‑Canadel, à Saint‑Tropez et à Sainte‑Maxime. Pour la submersion marine, les enjeux se concentrent entre Grimaud et Saint‑Tropez : à Grimaud, environ 4 400 personnes sont exposées aujourd’hui, avec une estimation pouvant approcher 7 000 à l’horizon 2100. Les campings figurent parmi les points sensibles, avec une exposition qui pourrait passer d’environ 260 à près de 1 900 campeurs dans les secteurs les plus dangereux.
Pourquoi de nouvelles cartes d’inondation dans le Golfe du Var
Le Cerema a modélisé dix petits cours d’eau côtiers et la submersion marine dans le Golfe de Saint‑Tropez, pour le PAPI 2023‑2024. Le but : mieux repérer les zones où l’eau peut monter très vite, parfois en quelques dizaines de minutes, et croiser ces aléas avec les lieux de vie. Les simulations utilisent des modèles de crues et d’inondation littorale qui tiennent compte du fonctionnement des ouvrages et de leur possible obstruction. Autrement dit, les cartes ne se limitent pas au scénario « tout fonctionne » ; elles testent aussi ce qui se passe si une grille se bouche ou si un passage d’eau se réduit. Ce réalisme change l’approche de la prévention locale.
Petits cours d’eau côtiers : des crues rapides et très localisées
Dans ce territoire escarpé, les petits cours d’eau peuvent réagir vivement. Le travail a consisté à affiner leur cartographie commune par commune, en repérant les couloirs d’écoulement, les débordements possibles et leurs interactions avec le tissu urbain. Les résultats, croisés avec les données de population, dessinent une exposition marquée à Cavalaire‑sur‑Mer et au Rayol‑Canadel, mais aussi à Saint‑Tropez et à Sainte‑Maxime. La finesse de ces cartes met en lumière des zones parfois méconnues, comme des vallons secs la majeure partie de l’année ou des secteurs en aval d’ouvrages sensibles. Pour les riverains, cela signifie une lecture plus juste des lieux où l’eau peut rapidement s’accumuler, y compris à proximité des axes routiers, des écoles ou des quartiers résidentiels bas.
Submersion marine : aujourd’hui et à l’horizon 2100
Côté mer, l’analyse confirme que les enjeux les plus forts se situent entre Grimaud et Saint‑Tropez. À Grimaud, environ 4 400 personnes sont exposées aujourd’hui aux risques de submersion, avec une hausse possible à près de 7 000 à l’horizon 2100 selon les scénarios étudiés. Les campings situés en bord de mer sont particulièrement concernés : là où l’on compte actuellement autour de 260 campeurs exposés dans les secteurs les plus dangereux, ce chiffre pourrait approcher 1 900 à la fin du siècle. Pour un territoire où la saison touristique rythme la vie locale, cette perspective invite à revoir l’organisation des sites, l’information des vacanciers et les plans de mise à l’abri en cas d’épisode météo sévère ou de forte houle.
Communes et secteurs les plus exposés : ce qu’il faut retenir
Les cartes confirment une très forte exposition à Cavalaire‑sur‑Mer, avec plus de 6 200 personnes en zone inondable, et pointent des secteurs sensibles au Rayol‑Canadel, à Saint‑Tropez et à Sainte‑Maxime. Pour la submersion, les enjeux principaux se situent entre Grimaud et Saint‑Tropez, sur des linéaires de littoral bas où la montée de l’eau, combinée aux vagues, peut atteindre rapidement des zones urbanisées. Ces informations ne sont pas de simples bandes colorées sur une carte : elles concernent des lieux de vie, des déplacements, des activités économiques et des lieux d’accueil saisonnier. Savoir où l’eau peut passer permet d’ajuster les gestes du quotidien, d’adapter les aménagements et de tirer des enseignements après chaque épisode.
Enjeux sensibles : campings, parkings souterrains, crèches et EHPAD
Les campings concentrent une part importante du risque sur le littoral bas. La présence de nombreux hébergements légers, la densité estivale et l’occupation nocturne demandent une information claire pour les vacanciers, des itinéraires de repli identifiables et des points hauts repérés à l’avance. Les parkings en sous‑sol exigent aussi une vigilance particulière : une montée d’eau rapide peut y piéger véhicules et usagers. Afficher des consignes simples aux entrées, prévoir des fermetures anticipées et signaler les issues possibles sont des mesures utiles. Les crèches, écoles et EHPAD repérés dans les zones étudiées doivent disposer de procédures de mise à l’abri, d’un repérage des niveaux refuges et d’un contact direct avec les référents communaux. L’idée n’est pas d’alarmer, mais de préparer des réponses concrètes et faciles à activer, qui tiennent compte des horaires, des flux et des personnes à mobilité réduite.
Se préparer dès maintenant, sans attendre le prochain épisode
Pour les habitants, la première étape est de localiser leur logement, leur trajet domicile‑travail et leurs habitudes de stationnement par rapport aux nouvelles cartes. Éviter de s’engager en sous‑sol lorsqu’un épisode pluvieux est annoncé, connaître les points hauts à proximité et ranger les biens sensibles en hauteur sont des réflexes utiles. Les copropriétés et commerces situés en zone basse peuvent installer des repères visuels, des moyens simples de calfeutrage et tenir à jour un annuaire des personnes à prévenir. Les gestionnaires touristiques gagneront à intégrer ces cartes dans l’accueil : briefing à l’arrivée, plan schématisé affiché, consignes multilingues et exercices réguliers avec l’équipe, y compris hors saison. À l’horizon 2100, ces informations aideront aussi aux choix d’implantation, de rénovation et d’organisation des sites, pour limiter l’exposition au fil du temps.
Des cartes pour décider et prioriser localement
Au‑delà du diagnostic, ces résultats servent de base pour les actions de prévention et pour réduire la vulnérabilité. Ils permettent de cibler des études plus fines sur certains ouvrages, de programmer des travaux quand c’est pertinent, d’adapter les règles d’aménagement et de développer la culture du risque au niveau de chaque commune. Croiser aléas, population et usages aide à hiérarchiser les interventions, à planifier l’information des usagers et à préparer la saison touristique. Ce nouvel état des lieux, plus précis pour les petits cours d’eau comme pour la submersion marine, offre aux habitants, aux élus et aux professionnels un outil commun pour anticiper et préserver ce territoire du Var que l’on aime parcourir, habiter et faire découvrir.





