Ce que montre la surveillance en décembre

La sismicité au large de Mayotte est restée soutenue en décembre 2025. Les enregistrements font état de 396 séismes volcano‑tectoniques (VT), 353 séismes longue période (LP) et 4 très longue période (VLP). Fait marquant du mois : une succession de 16 essaims de séismes LP s’est produite entre le 11 et le 20 décembre. L’activité reste concentrée entre 5 et 15 km à l’est de Petite‑Terre, à des profondeurs comprises entre 20 et 50 km. Sur la déformation du sol, aucune variation significative n’est détectée depuis la fin 2020, ce qui indique une stabilité de la surface malgré l’activité en profondeur.

En mer, le dégazage d’origine magmatique persiste dans la zone du Fer à Cheval : 17 des 23 sites déjà connus sont actifs. Certains panaches se sont élevés jusqu’à 125–150 m sous la surface, une hauteur inédite dans les observations, confirmée par des mesures en colonne d’eau. Cela montre un dégazage important, sans pour autant prouver qu’une éruption est en cours.

VT, LP, VLP: à quoi correspondent ces séismes?

Les séismes VT (volcano‑tectoniques) sont liés à la fracturation des roches. Ils surviennent lorsque la croûte cède sous l’effet de contraintes, par exemple parce que des fluides ou du magma pressurisent des zones en profondeur. Leur nombre élevé reflète des réajustements mécaniques soutenus.

Les séismes LP (longue période) sont associés à la circulation de fluides — mélanges de gaz, d’eau et éventuellement de magma — dans des conduits ou des fractures. Les 16 essaims LP observés en décembre indiquent des épisodes répétés de mouvements de fluides en profondeur, sans signal caractéristique d’une mise en place d’éruption.

Les séismes VLP (très longue période), plus rares, correspondent à des changements de pression plus lents et de grande échelle dans le système. Les quelques événements VLP détectés suggèrent des réorganisations profondes, mais isolées.

Dans l’ensemble, cette combinaison VT/LP/VLP décrit un système sismo‑volcanique actif en profondeur, surtout par la circulation de fluides et des réajustements de la croûte, plutôt que par une dynamique éruptive en surface.

Ce que disent les panaches de CO2 au Fer à Cheval

Le CO2 repéré en mer est d’origine magmatique : c’est un gaz libéré par des fluides liés au système profond. Voir 17 sites actifs sur 23, avec des panaches qui montent jusqu’à 125–150 m sous la surface, indique un dégazage persistant et actuellement marqué. Le fait que cette hauteur soit inédite signifie que l’intensité des remontées gazeuses a, par moments, été plus forte qu’auparavant dans cette zone. Ces observations, confirmées par des mesures en colonne d’eau, montrent que le système sous‑marin reste alimenté en gaz, même sans déformation mesurable à terre et sans signes d’éruption.

Fani Maoré: pas d’évolution éruptive avérée

L’édifice sous‑marin de Fani Maoré ne montre pas d’évolution éruptive avérée depuis janvier 2021. L’analyse des signaux acoustiques suggère que la fin de l’éruption pourrait dater du 4/12/2020. Aucune reprise d’activité éruptive n’est documentée à ce jour.

À retenir pour la suite

L’activité sismo‑volcanique reste soutenue, avec des épisodes LP notables en décembre. Le dégazage marin au Fer à Cheval est persistant et marqué, avec des panaches atteignant des hauteurs inédites sous la surface. Aucune déformation significative n’a été relevée depuis fin 2020 et aucune preuve d’éruption en cours n’a été identifiée. Aucun niveau d’alerte officiel n’a été indiqué.

La surveillance scientifique se poursuit et reste renforcée à Mayotte, sur terre et en mer, pour suivre l’évolution de la sismicité, du dégazage et des autres indicateurs pertinents.

Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.