Ce que les scientifiques observent

Depuis le 11 décembre 2025, le REVOSIMA constate, à l’est de Mayotte, une succession de 14 essaims de séismes de type Longue Période (LP), totalisant au moins 287 événements enregistrés jusqu’au 18/12 à 06h UTC. Deux signaux de Très Longue Période (VLP) ont aussi été confirmés, le 15/12 à 20:13 UTC et le 18/12 à 04:35 UTC. Ces épisodes, de faible magnitude et non ressentis par la population, sont localisés à 10–15 km à l’est de Petite-Terre, entre 25 et 40 km de profondeur.

Leur localisation et leurs caractéristiques correspondent aux zones d’activité observées depuis 2019, sans signe de migration vers la surface. La séquence actuelle représente le deuxième pic d’activité LP depuis la fin de l’éruption sous-marine de Fani Maoré (04/12/2020). En résumé, l’activité sismique augmente et reste notable, mais elle demeure profonde, de faible énergie et confinée à un secteur déjà identifié.

LP et VLP : de quoi parle-t-on ?

Les séismes de type LP et VLP se manifestent par des vibrations dominées par de basses fréquences. Par opposition aux séismes tectoniques, qui résultent principalement de ruptures rapides des roches, les signaux LP/VLP sont généralement liés à des déplacements de fluides en profondeur (magma, gaz, fluides hydrothermaux) et aux résonances qu’ils provoquent dans les fractures et cavités. Les LP durent plus longtemps que les événements haute fréquence et traduisent des phénomènes de circulation, de pressurisation ou de dépressurisation. Les VLP, encore plus lents et de très basse fréquence, témoignent parfois de réajustements étendus dans le réservoir profond ou de transferts de fluides.

La présence de LP/VLP n’indique donc pas automatiquement qu’une éruption est imminente : ces signaux renseignent d’abord sur la dynamique des fluides à grande profondeur.

Une hausse notable qui ne signifie pas éruption imminente

Plusieurs éléments expliquent la retenue des scientifiques. D’abord, la profondeur des événements (25–40 km) suggère des processus très profonds. Ensuite, l’absence d’un déplacement progressif des séismes vers des niveaux moins profonds ne plaide pas pour une remontée rapide du magma. Enfin, les caractéristiques actuelles s’inscrivent dans la continuité de l’activité observée dans cette zone depuis 2019.

Autrement dit, la hausse observée mérite une attention soutenue car elle traduit une phase de circulation ou de surpression des fluides magmatiques en profondeur. Mais, à l’heure actuelle, elle ne constitue pas un signal d’éruption imminente. Le bulletin ne signale par ailleurs aucun changement de niveau d’alerte.

Et en mer ? Aucune anomalie détectée

Des mesures réalisées en mer du 12 au 15 décembre, près du secteur dit du Fer à Cheval, n’ont mis en évidence aucune anomalie dans la colonne d’eau. L’absence de signaux anormaux à la surface marine (par exemple d’émissions détectables par les instruments) confirme que l’activité reste confinée en profondeur et ne s’exprime pas en eau peu profonde ou en surface.

Conséquences pour les habitants

Les séismes signalés sont de faible magnitude et n’ont pas été ressentis. Ils n’ont pas d’impact direct sur la vie quotidienne. Il est recommandé de suivre les communications officielles et de ne pas se laisser influencer par des rumeurs. Rappel : l’activité sismique est en hausse et notable, mais elle demeure profonde, localisée dans un secteur connu, et sans signe de remontée vers la surface.

Une surveillance continue

Le REVOSIMA suit la situation en permanence. La surveillance scientifique est continue et permet de mettre à jour rapidement l’évaluation de l’activité. Si la situation évolue (renforcement, migration, signaux en surface), les informations officielles préciseront les implications et les éventuelles consignes. Pour l’instant, l’ensemble des observations reste cohérent avec des processus profonds de circulation de fluides magmatiques.

Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.