En bref

En mars 2026, l’OVSG‑IPGP rapporte une activité faible et globalement stable à la Soufrière de Guadeloupe. La microsismicité diminue nettement par rapport à février, la déformation du dôme est restée stable sur le mois avec une inflation de fond lente et inchangée à long terme, et des manifestations hydrothermales persistent au sommet. Le niveau d’alerte reste en Vigilance: Jaune. Aucune évolution inhabituelle majeure n’a été observée, mais le sommet demeure actif et les zones réglementées doivent être respectées.

Microsismicité en nette baisse

Au cours du mois, 123 séismes volcano‑tectoniques très faibles (magnitudes négatives) ont été enregistrés à moins d’un kilomètre sous le dôme, avec un essaim entre le 23 et le 27 mars. Surtout, l’énergie libérée a chuté à 0,3 MJ, contre 11,3 MJ en février, et se situe dans la fourchette basse des niveaux observés depuis 2018. Autrement dit, la micro‑sismicité liée aux micro‑fracturations sous le sommet est moins énergique qu’en début d’année et reste faible. Ce comportement concorde avec une activité interne modérée sans signe de pressurisation rapide.

Déformation: inflation lente et inchangée

La déformation du dôme est restée stable à l’échelle du mois. Sur le long terme, la tendance à une inflation lente persiste, sans accélération ni rupture de tendance. Cette inflation de fond, déjà connue à la Soufrière, reflète des ajustements profonds (circulations de fluides et variations de pression) qui, pour l’instant, ne se traduisent pas par des changements rapides en surface.

Manifestations hydrothermales au sommet

Le sommet reste le siège de phénomènes hydrothermaux localisés. De petits évents proches du secteur Hammouya affichent des températures élevées, de l’ordre de 80 à 90 °C, et des teneurs en CO2 de 1 à 2 %. Un trou s’est également élargi le long de la trace empruntée par les géologues, signe d’affaissements chauds possibles dans des zones fragilisées par la vapeur et les gaz. Ces manifestations correspondent à un système hydrothermal actif sans annoncer une escalade volcanique, mais elles justifient une vigilance de proximité et le respect strict des fermetures et balisages au sommet.

Sources thermales: signaux contrastés, pas d’anomalie chimique

Les sources thermales ne présentent pas d’anomalie de composition ni de pH. Côté températures, l’OVSG‑IPGP note une hausse progressive sur le flanc sud, tandis qu’une diminution est observée à la 2e chute du Carbet. Ces variations restent compatibles avec les fluctuations d’un système hydrothermal et ne traduisent pas de changement de régime chimique. L’absence d’anomalie de composition est un indice favorable pour la stabilité du système en profondeur.

Sismicité régionale sans ressenti

À l’échelle régionale, 143 séismes tectoniques ont été détectés au cours du mois (magnitude maximale 4,1), sans ressenti signalé. Ces événements correspondent à la sismicité habituelle de la zone Caraïbe et n’affectent pas l’évaluation du risque lié au volcan.

Ce que cela signifie pour le public

L’activité reste faible et stable. La microsismicité est en baisse, la déformation du dôme est stationnaire sur le mois tandis que l’inflation de fond lente perdure à long terme. Le sommet présente toujours une activité hydrothermale locale (fumerolles chaudes, affaissements), d’où l’importance de respecter les zones réglementées, les fermetures temporaires et les itinéraires autorisés. Le niveau d’alerte Vigilance: Jaune est maintenu.

La surveillance de la Soufrière se poursuit en continu : les équipes de l’OVSG‑IPGP poursuivent les mesures sismiques, de déformation, de gaz et de température pour détecter toute évolution. À ce stade, aucune anomalie majeure n’est signalée et aucun changement d’alerte n’est envisagé, mais la présence de gaz chauds et d’affaissements au sommet rappelle que le massif reste actif et impose prudence et respect des consignes sur le terrain.

Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.