Ce que montre la sismicité de février

En février 2026, l’Observatoire a détecté 58 séismes volcano‑tectoniques (VT) sous la Soufrière, soit une hausse par rapport au mois précédent. La très grande majorité de ces événements a été très superficielle et de faible magnitude. Quatorze séismes de magnitude positive (Md < 1,35) se sont produits entre 1,5 et 2 km sous le dôme, concentrés les 21 et 24 février. L’énergie totale libérée par cette sismicité atteint 11,3 MJ, en nette augmentation par rapport à janvier (0,6 MJ), des niveaux comparables à ceux observés en 2021. Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population.

Un signal compatible avec le système hydrothermal

Ce type de sismicité VT, peu profonde et de faible magnitude, correspond généralement à de petites micro‑fracturations dans l’édifice liées aux circulations de fluides chauds (vapeur et eaux acides) du système hydrothermal. Une telle dynamique peut refléter des variations de pression ou de température dans ce réservoir superficiel, sans impliquer nécessairement une arrivée de magma neuf. Autrement dit, la hausse observée reste cohérente avec la variabilité hydrothermale que connaît régulièrement la Soufrière.

Déformation et gaz : pas d’indice de remontée magmatique

Les mesures de déformation indiquent, sur la période mensuelle, un comportement stable au niveau du dôme, tandis qu’une inflation lente et continue de l’édifice se poursuit. Cette inflation de fond, observée depuis plusieurs années, ne s’est pas brusquement accélérée en février. Côté gaz, aucun changement majeur ne laisse penser à une remontée de magma : les paramètres suivis ne montrent ni augmentation rapide ni signatures chimiques caractéristiques d’une intrusion. Pris ensemble, ces éléments plaident plutôt pour une activité dominée par les fluides hydrothermaux que par un mouvement magmatique.

Activité de surface : secteur Hammouya sous surveillance de proximité

Sur le terrain, de petites bouches du secteur Hammouya sont en réchauffement, avec des teneurs en CO2 de 1–2 % et des températures autour de 80 °C. Ces observations appellent à la vigilance des équipes locales et des visiteurs : des surfaces chaudes et potentiellement instables se trouvent à proximité immédiate des émanations. À l’échelle régionale, les sources chaudes de la zone ne présentent pas de perturbation anormale.

Sismicité régionale : secousses non ressenties

Au niveau régional, 134 séismes tectoniques ont été enregistrés en février (magnitude maximale 3,9). Trente‑trois événements concernent la zone des Saintes, dont un essaim de 15 séismes le 8 février. Aucun n’a été ressenti. Ce contexte rappelle que l’arc antillais reste une zone active, mais la sismicité récente n’a pas eu d’impact perceptible pour la population.

Que signifie l’alerte Jaune ?

Le niveau d’alerte reste Vigilance : Jaune. Cela signifie que le volcan affiche une activité supérieure au niveau de fond, justifiant une attention accrue et un suivi renforcé, sans indication d’éruption imminente. L’accès au sommet et aux zones actives peut être réglementé pour des raisons de sécurité liées aux gaz et aux températures localement élevées.

À retenir et recommandations

L’ des observations de février montre une activité sismo‑volcanique en hausse, principalement liée au système hydrothermal, avec une déformation mensuelle du dôme stable et une inflation de fond toujours en cours. Les mesures de gaz ne traduisent pas de remontée magmatique, et le niveau d’alerte reste Vigilance : Jaune. Aucune secousse n’a été ressentie par la population. La surveillance scientifique par l’OVSG est continue. Respectez la signalisation et les restrictions en vigueur au sommet, restez sur les sentiers autorisés et suivez les informations officielles publiées par l’Observatoire.

Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.