Le cœur du cyclone Garance a touché La Réunion ce vendredi matin, avec un atterrissage près de Sainte-Suzanne vers 10 h, avant de traverser l’île en direction de Saint-Louis. L’épisode a tout rassemblé : rafales destructrices, pluies diluviennes, crues soudaines et une houle de nord spectaculaire. Si vous êtes à l’abri, restez-y. Si vous êtes en déplacement, mettez-vous en sécurité dès que possible. Ce point de situation récapitule ce que l’on sait et ce qu’il faut faire pour rester protégé pendant les prochaines heures, puis au moment du retour dehors. Les autorités ont activé puis abaissé les niveaux d’alerte au fil de la journée, mais la météo reste très dégradée. La houle devrait s’atténuer nettement dans la nuit, mais le danger ne disparaît pas instantanément : l’eau continue de s’écouler, le vent peut encore surprendre et les sols sont saturés. Patience, vigilance et respect des consignes restent vos meilleurs alliés.

Point de situation: trajectoire, vents, pluies et houle

Garance a frappé fort. Les rafales ont dépassé les 150 km/h sur une large partie de l’île, avec des pointes mesurées à 234 km/h à Gros-Piton–Sainte-Rose et 213 km/h à l’aéroport de Gillot. Côté pluie, les intensités ont été remarquables : jusqu’à 400 mm en 12 heures et 494 mm en 24 heures à la Plaine des Chicots. Ces cumuls, sur un relief escarpé, ont provoqué des crues marquées, notamment à Saint-Denis, où les ravines ont gonflé très vite. En mer, une houle de nord a déferlé avec des vagues moyennes de 7 à 8 mètres et un pic enregistré à 10 mètres, exposant le littoral à des submersions locales. L’alerte est passée au niveau violet au plus fort de l’impact, puis est redescendue au rouge en milieu de journée. Malgré cette évolution, les conditions restent très perturbées ce vendredi et l’amélioration sera progressive. La houle est attendue sous 2,5 m durant la nuit, ce qui facilitera les opérations de sécurité, sans supprimer tous les risques à terre.

Rester confiné face aux vents violents

Tant que les vents soufflent fort, le plus sûr est de rester à l’intérieur, dans une pièce centrale éloignée des ouvertures. Fermez portes et fenêtres, rangez meubles et objets susceptibles de basculer, et ne regardez pas la tempête derrière une baie vitrée. Les rafales arrivent par à-coups et peuvent toucher des lieux que l’on croyait abrités. N’essayez pas de sortir « entre deux bourrasques » pour ramasser un objet ou vérifier un dommage : un retour de vent peut survenir sans prévenir. Si vous entendez des grincements anormaux, repliez-vous dans un endroit plus protégé, à l’écart des vitres. Coupez les sources de chaleur mal ventilées et n’utilisez les groupes électrogènes qu’à l’extérieur, loin des ouvertures, pour éviter les intoxications. Gardez vos téléphones chargés et une radio allumée pour suivre les messages officiels. Limitez l’usage des ascenseurs en cas de coupure d’électricité et ne montez pas sur les toits, même après une accalmie.

Pluies extrêmes et crues: éviter les pièges

Avec des cumuls aussi intenses, ravines, rivières et radiers peuvent monter en quelques minutes. Ne tentez jamais de traverser une route inondée, même si l’eau semble « juste » couvrir la chaussée : sous l’effet du courant, un véhicule peut être emporté ou se bloquer dans un trou masqué. À pied, l’eau boueuse cache des obstacles, des plaques d’égout soulevées et des débris coupants. Si vous habitez en zone inondable, mettez à l’abri documents et objets sensibles en hauteur, coupez l’électricité si l’eau menace les prises et montez à l’étage si cela reste sûr. Évitez les sous-sols, parkings enterrés et caves, qui se remplissent très vite. Surveillez l’évolution des niveaux près de chez vous sans vous exposer au bord des cours d’eau. Si une crue vous encercle, cherchez un point haut proche et appelez les secours. Après la décrue, l’eau peut rester contaminée : ne la consommez pas sans information officielle et lavez-vous soigneusement après tout contact.

Littoral à distance: vagues puissantes et submersion

La houle de nord a frappé large, avec des vagues moyennes de 7 à 8 mètres et un pic mesuré à 10 mètres. Même en baisse, la mer reste dangereuse : le ressac aspire puissamment et les lames de fond frappent de manière irrégulière. Tenez-vous loin du rivage, des digues, des embouchures de ravines et des zones basses où l’eau peut envahir les chaussées. Les spectateurs attirés par la mer s’exposent souvent aux accidents les plus graves : une seule vague suffit pour déséquilibrer, emporter ou blesser. Évitez les pontons, les rochers glissants, les jetées et les plages, et annulez toute activité nautique. Les marins et pêcheurs doivent rester à quai et sécuriser le matériel sans prendre de risques. Des paquets de mer peuvent projeter galets et débris bien au‑delà du trait de côte. Attendez les confirmations officielles avant de revenir sur le littoral, même si la houle est annoncée en baisse sous 2,5 mètres durant la nuit.

Suivre les niveaux d’alerte et les messages officiels

L’alerte a évolué rapidement, du violet au plus fort du phénomène au rouge en milieu de journée. Ces niveaux indiquent l’exposition aux dangers et orientent les consignes à appliquer. Continuez de suivre les bulletins des autorités et des services météo : ils donnent heure par heure l’état des routes, les zones à éviter, l’évolution du vent, des pluies et de la mer, ainsi que la levée progressive des restrictions. Ne vous fiez pas aux rumeurs ou aux messages non vérifiés sur les réseaux : une information inexacte peut vous conduire dans une zone encore à risque. Préparez-vous à rester chez vous plus longtemps si nécessaire, avec de quoi boire, manger et vous éclairer sans flamme. Si l’alerte se maintient, restez confiné et reportez tout déplacement non indispensable. Si elle est abaissée, reprenez vos activités progressivement, en tenant compte des dégâts et des chantiers sur la voirie.

Après le passage: reprendre pied sans se mettre en danger

Quand le cœur du cyclone s’éloigne, la tentation de sortir est forte, mais prenez le temps d’évaluer les risques résiduels. Des branches peuvent encore tomber, des toitures être instables, et des glissements de terrain se déclencher sur des sols gorgés d’eau. Avancez prudemment, évitez les zones boisées encore secouées par les rafales et ne touchez jamais un câble tombé au sol. À la maison, aérez, sentintelez les odeurs de gaz, coupez l’électricité si l’eau a pénétré et n’utilisez pas d’appareils mouillés. Ne faites pas tourner un groupe électrogène à l’intérieur ni sur un balcon fermé. En voiture, méfiez-vous des chaussées affouillées, des radiers encore submergés et des cailloux tombés des pentes. Si vous aidez au nettoyage, portez des gants et des chaussures fermées. Prenez des nouvelles de vos voisins, en particulier des personnes isolées, et signalez tout danger persistant. La houle baisse cette nuit, mais restez attentif aux consignes jusqu’à la confirmation d’un retour à une situation normale.