Où en est l’éruption
L’éruption débutée le 13 février 2026 se poursuit au Piton de la Fournaise. Après des arrêts fin mars et début avril, l’activité a repris le 8 avril vers 13h15 (heure locale). Un second point d’émission s’est ouvert le 9 avril à 9h15, environ 180 m en amont du premier cône. C’est désormais ce second évent qui est le plus actif : des fontaines de lave alimentent la construction d’un nouveau cône encore partiellement ouvert, ce qui favorise l’écoulement des laves. Le cône formé le 13 février reste faiblement actif mais très dégazant.
Un nouveau champ de lave s’étend au sud du précédent. Dans la nuit, le front de coulée est resté en haut des Grandes Pentes, vers 1 345–1 370 m d’altitude, avec une progression limitée. Les débits de lave estimés par satellite ont montré des pics à 32–35 m³/s et une moyenne d’environ 10 m³/s depuis le 11 avril à 22h (heure locale). Le niveau d’alerte communiqué est 2.2.
Un nouveau cône prend le relais
L’ouverture du second évent le 9 avril a redistribué l’activité en surface. Les fontaines alimentent activement la construction d’un nouveau cône, tandis que l’évent du 13 février, plus ancien, se signale surtout par un dégazage important. Cette réorganisation explique l’apparition d’un champ de lave au sud et la progression modérée du front, qui reste cantonné aux hauteurs des Grandes Pentes. Plutôt qu’une intensification brutale, on observe donc une réorientation de l’activité en surface.
Trémor en légère baisse, sismicité en hausse, déflation: que signifie ce trio d’indicateurs ?
Le trémor volcanique est légèrement en baisse et peu fluctuant sur 24 heures. Ce “bruit” lié à la circulation de fluides (gaz et magma) et à l’activité des évents tend à refléter l’effusion en surface : une baisse modérée et stable suggère une alimentation de surface un peu moindre ou plus régulière, en accord avec la progression limitée des coulées, même si des pics de débit restent possibles.
La sismicité est en hausse depuis le 10 avril (34 séismes le 10/04, 401 le 11/04), localisée à 1,5–2 km sous le sommet. Cette augmentation montre que le volcan “travaille” en profondeur : la remontée et la circulation du magma ouvrent ou réactivent des fissures et des conduits. L’ouverture d’un nouvel évent le 9 avril s’inscrit dans cette réorganisation interne du système d’alimentation.
La déflation enregistrée depuis le 8 avril traduit une dépressurisation du réservoir superficiel. Autrement dit, le réservoir peu profond se vide ou perd de pression à mesure que le magma s’évacue vers la surface et alimente les coulées.
Pris ensemble, ces trois signaux dessinent une situation cohérente : l’éruption se poursuit, alimentée par un réservoir superficiel qui se dépressurise pendant que les voies d’écoulement se réaménagent. La légère baisse du trémor n’est pas contradictoire avec la hausse de la sismicité : le trémor renseigne surtout sur l’activité aux évents et l’effusion, la sismicité témoigne de l’ajustement des conduits en profondeur, et la déflation confirme la perte de pression du système malgré la poursuite de l’alimentation en surface.
Tendance actuelle et points de vigilance
L’éruption reste active et l’activité de surface s’est déplacée vers le nouveau cône, qui est aujourd’hui le plus dynamique.
La montée de la sismicité et la déflation traduisent une réorganisation profonde et le drainage du réservoir superficiel.
Le trémor, légèrement en baisse et peu fluctuant, est compatible avec une effusion globalement modérée, même si des pics de débit ont été observés ces derniers jours.
Les coulées progressent peu pour l’instant et demeurent cantonnées en altitude, sur les Grandes Pentes.
Une surveillance continue
Les équipes scientifiques suivent en continu l’évolution de la sismicité, du trémor, des déformations et des débits de lave. L’Observatoire rappelle que l’activité est toujours en cours, avec un nouveau cône actuellement dominant. Restez informés via les canaux officiels et respectez les consignes en vigueur.
Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.










