Bilan de janvier 2026 à Mayotte
En janvier 2026, le réseau REVOSIMA a enregistré une activité sismo‑volcanique globalement stable, sans évolution notable. Au total, 252 séismes volcano‑tectoniques (VT), 118 événements longue période (LP) et 2 très longue période (VLP) ont été détectés. La plupart se situent entre 20 et 50 km de profondeur, à environ 5 à 15 km à l’est de Petite‑Terre. À ces profondeurs, il s’agit d’une activité interne, éloignée de la surface.
On n’observe aucune déformation significative de l’île depuis la fin de l’année 2020. De plus, les dernières campagnes en mer n’ont pas mis en évidence de nouvelles coulées de lave sur le fond océanique. L’éruption sous‑marine de Fani Maoré est donc considérée comme arrêtée depuis fin 2020. La sismicité profonde, elle, se poursuit : elle traduit des processus internes actifs sans signe d’éruption en cours. Des secousses ressenties restent possibles ; à titre de repère, le dernier séisme de magnitude supérieure à 4 date du 27 août 2024.
Le bulletin ne mentionne aucun niveau d’alerte. La surveillance scientifique reste continue.
VT, LP, VLP : ce que ces séismes nous apprennent
-
Les séismes VT (volcano‑tectoniques) correspondent à la rupture fragile des roches. Ils surviennent quand des contraintes s’accumulent et fracturent la croûte, souvent en réaction à des mouvements de magma en profondeur. Leur grand nombre reflète un ajustement mécanique du sous‑sol.
-
Les séismes LP (longue période) témoignent plutôt de mouvements de fluides (magma, gaz, eaux chaudes) dans des fissures ou cavités. Leur signature plus grave indique que des fluides interagissent avec les structures souterraines.
-
Les séismes VLP (très longue période) sont plus rares et associés à des réajustements profonds et lents du système magmatique, souvent liés à des variations de pression des fluides.
Le trio VT–LP–VLP observé en janvier, avec des hypocentres entre 20 et 50 km, dessine l’image d’un réservoir ou d’un réseau de conduits profonds où se poursuivent des circulations de fluides et des rééquilibrages de contraintes. Cette activité interne, persistante mais sans accélération notable, n’indique pas d’éruption en cours.
Des panaches de CO2 sous‑marins toujours suivis au « Fer à Cheval »
Au large de Mayotte, la zone dite du Fer à Cheval continue d’émettre des fluides d’origine magmatique, notamment du CO2. Ce gaz est un bon traceur du dégazage : la présence de panaches sous‑marins confirme que des fluides s’échappent encore des profondeurs.
En janvier, ces émissions ont été reconfirmées par des observations en mer et par un glider (véhicule autonome sous‑marin) qui mesure les propriétés de l’eau et repère les panaches. Il ne s’agit pas de coulées de lave : ces signaux renseignent sur la « respiration » interne du volcan sous‑marin, même lorsque l’éruption est arrêtée. Les campagnes en mer n’ont pas révélé de nouvelles coulées, ce qui confirme une activité interne persistante mais non éruptive.
Ce qu’il faut retenir
- Activité sismo‑volcanique stable en janvier 2026, sans évolution notable.
- Sismicité majoritairement profonde (20–50 km) à l’est de Petite‑Terre, indiquant des processus internes.
- Pas de déformation significative depuis fin 2020 et pas de nouvelles coulées identifiées en mer.
- Dégazage magmatique (CO2) toujours observé au Fer à Cheval, confirmé par un glider en janvier.
- Éruption de Fani Maoré considérée arrêtée depuis fin 2020 ; des séismes ressentis restent possibles, mais aucun événement >M4 depuis le 27 août 2024.
La situation reste suivie par les scientifiques, sans signe d’éruption en cours. La surveillance est continue et multidisciplinaire (réseaux sismiques, mesures géodésiques, observations et instruments en mer), prête à détecter tout changement. La population peut s’attendre à ressentir occasionnellement des secousses, sans que cela signifie nécessairement une reprise éruptive. Les autorités et les équipes scientifiques informeront en cas d’évolution.
Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.










