Ce qu’il faut retenir en avril 2026
À Mayotte, l’activité sismo‑volcanique est restée globalement stable en avril. La sismicité a été modérée et les émissions de fluides sous‑marines sont demeurées actives sans variation notable. Aucun séisme ressenti n’a été signalé pour le mois et aucun changement de niveau d’alerte n’a été communiqué. La veille scientifique renforcée reste en place.
Où et quels types de séismes ?
Entre le 1er et le 30 avril 2026, le réseau a détecté 271 séismes volcano‑tectoniques (VT), 92 séismes longue période (LP, concentrés surtout le 14/04) et 2 très longue période (VLP). Ces événements se situent majoritairement entre 5 et 15 km à l’est de Petite‑Terre, à des profondeurs comprises entre 20 et 50 km. Le dernier séisme supérieur à M4 remonte au 27/08/2024, et le bulletin ne mentionne pas de séisme ressenti en avril.
Les séismes VT correspondent généralement à la fracturation des roches sous l’effet des contraintes. Les LP et VLP, qui ont des fréquences plus basses, sont liés à la présence et à la circulation de fluides (mélanges de gaz, d’eau chaude et/ou de magma) dans le système en profondeur. Cet ensemble de signaux, déjà observé ces dernières années, traduit une activité persistante sans évolution marquée en avril.
LP/VLP : des indices de fluides en profondeur, pas d’alerte d’éruption
Les signaux LP et VLP s’expliquent souvent par des mouvements de fluides dans des fissures ou conduits : écoulements, variations de pression ou mises en résonance de cavités remplies de fluides. À Mayotte, leur occurrence en avril, et en particulier le pic de LP le 14/04, suggère que des fluides continuent de circuler à grande profondeur (20–50 km) dans le système qui alimente la zone volcanique sous‑marine à l’est de l’île.
Ces signaux témoignent de processus internes (gaz et liquides en mouvement, ajustements de pression), mais ils n’indiquent pas, à eux seuls, une remontée de magma vers la surface. En l’absence d’autres signes concordants — déformation du sol, sismicité superficielle anormale ou nouvelles observations directes en mer — ils sont interprétés comme le fonctionnement de fond du système.
CO2 sous‑marin au Fer à Cheval : un dégazage magmatique stable
En mer, les mesures d’avril 2026 confirment des anomalies de CO2 d’origine magmatique dans la zone dite du Fer à Cheval, cohérentes avec les sites déjà connus. Concrètement, cela signifie que des panaches de gaz s’échappent encore du plancher océanique là où des circulations de fluides persistent en profondeur. Ce dégazage est attendu après une éruption sous‑marine : le système relâche progressivement ses gaz résiduels.
Les observations actuelles ne montrent pas d’évolution avérée du site éruptif de Fani Maoré depuis janvier 2021. Les dernières preuves directes d’activité remontent à octobre 2020 et la fin de l’éruption est considérée comme probable au 04/12/2020. La présence continue de CO2 sous‑marin traduit donc une décharge de gaz magmatiques encore active, mais stable, sans signe de réactivation éruptive.
Pas de reprise éruptive indiquée par la déformation
Depuis fin 2020, aucune déformation significative n’est mesurée à terre. L’absence d’inflation notable ne plaide pas pour une mise en pression rapide d’un réservoir peu profond. Croisée avec la sismicité profonde actuelle et le dégazage stable, cette observation renforce l’analyse d’une activité persistante sans signe de reprise éruptive.
Une surveillance continue et renforcée
Le dispositif de suivi reste pleinement mobilisé : sismicité, déformation, observations et mesures en mer sont analysées en continu. En avril 2026, l’ensemble des paramètres décrit un système toujours actif en profondeur, avec une sismicité modérée et des émissions de CO2 stables. Aucune évolution notable n’est rapportée et la veille scientifique renforcée est maintenue.
Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.










