En mars 2026, l’activité sismo‑volcanique autour de Mayotte est restée stable et est restée suivie de près. Les signaux recueillis confirment une dynamique persistante, sans évolution notable ni signe d’éruption en cours. La surveillance scientifique se poursuit en continu.

Ce que montrent les mesures de mars 2026

Entre le 1er et le 31 mars 2026, le réseau REVOSIMA a détecté 300 séismes volcano‑tectoniques (VT), 139 séismes longue période (LP) et 2 très longue période (VLP). Ces événements sont localisés majoritairement à 5–15 km à l’est de Petite‑Terre, à des profondeurs comprises entre 20 et 50 km. Aucune déformation significative de l’île n’est observée depuis fin 2020.

En mer, les émissions de fluides restent actives dans la zone dite du Fer à Cheval ; elles sont dominées par du CO2 d’origine magmatique. Les mesures effectuées par glider en mars confirment des anomalies cohérentes avec les sites déjà identifiés. Aucune nouvelle coulée n’a été détectée, et l’éruption sous‑marine du volcan Fani Maoré ne présente pas d’évolution avérée depuis janvier 2021 — les dernières observations directes d’activité remontent à octobre 2020. Les scientifiques rappellent que la sismicité persistante peut parfois provoquer des secousses ressenties, mais aucun changement de niveau d’alerte n’est signalé.

Bilan : activité persistante, sans changement notable, sous surveillance renforcée.

Comprendre les séismes VT, LP et VLP

Les séismes VT (volcano‑tectoniques) sont liés à la fracturation des roches. Ils reflètent les contraintes qui s’exercent en profondeur, par exemple lorsque des zones se réajustent ou se fissurent.

Les séismes LP (longue période) sont plutôt associés aux mouvements de fluides — gaz, eaux chaudes ou magma — dans des conduits ou des fractures. Leur signature, plus « ronde » que celle des VT, traduit des résonances ou des circulations internes.

Les séismes VLP (très longue période), plus rares, traduisent des processus lents et profonds impliquant de larges volumes de fluides ou des déformations progressives des réservoirs. Ils ne signifient pas à eux seuls une éruption, mais apportent des informations sur la dynamique interne.

La coexistence de VT, LP et, occasionnellement, de VLP autour de Mayotte indique un système actif en profondeur, où roches et fluides continuent d’interagir sans pour autant montrer de basculement vers une phase éruptive.

La zone du Fer à Cheval en mer

La « zone du Fer à Cheval » désigne un secteur sous‑marin à l’est de Mayotte où des émissions de fluides sont régulièrement observées. En mars, les capteurs autonomes (glider) ont de nouveau mis en évidence des anomalies chimiques correspondant aux sites connus. Cela traduit une dégasification marine toujours présente, dominée par du CO2 magmatique, sans signe d’extension ou d’intensification inhabituelle : l’activité y est persistante mais stable.

Où en est le volcan sous‑marin Fani Maoré ?

Le volcan sous‑marin Fani Maoré, au large de Mayotte, ne montre pas d’évolution avérée de son activité depuis janvier 2021. Aucune nouvelle coulée n’a été identifiée et les dernières observations directes de manifestations éruptives datent d’octobre 2020. Ces constats, associés à l’absence de déformation significative de l’île depuis fin 2020, indiquent un système qui n’est pas en phase éruptive active. La sismicité persiste toutefois à des niveaux suivis de près, témoignant d’une activité interne maintenue.

À retenir pour Mayotte

La situation reste stable : les indicateurs — séismes, déformation, observations en mer — n’ont pas montré d’évolution notable en mars 2026. L’activité est persistante : la sismicité continue et la dégasification sous‑marine restent actives, sans signe d’éruption en cours. La vigilance scientifique est constante : les réseaux de surveillance fonctionnent en permanence et tout changement serait détecté et communiqué par les équipes en charge. Enfin, la population peut parfois ressentir des secousses, ce qui reste compatible avec une activité sismo‑volcanique persistante.

En résumé, le mois de mars 2026 confirme une activité sismo‑volcanique à Mayotte persistante mais sans évolution notable. Les scientifiques poursuivent une surveillance renforcée et continue du secteur, tant à terre qu’en mer.

Source officielle: Bulletin de l’observatoire à télécharger.